Temps Calme

Gérer le stress des appels téléphoniques incessants par la relaxation

Gérer le stress des appels téléphoniques par la relaxation : planificateur de fret au téléphone à son bureau

Noter chaque souci professionnel dans un carnet et fermer les yeux un court instant entre deux appels n'ont presque rien en commun, même si les deux se présentent comme des outils de gestion du stress. J'ai testé les deux dans mon métier de planificateur de fret, en pleine logistique portuaire à La Rochelle, là où le téléphone impose son rythme sans prévenir. Seule la seconde approche a changé quelque chose de concret à mes journées. Les micro-pauses d'hypno-relaxation quotidienne ne ressemblent pas à un journal intime : elles ne gardent rien, elles coupent net. Cette différence de fonctionnement, plus que la motivation ou la régularité, explique pourquoi l'une a fini à la poubelle et l'autre est restée, tant bien que mal, ancrée dans mon rapport au bien-être au bureau.

Le poste ne laisse pas beaucoup de marge. Entre les litiges de transport, les chauffeurs bloqués sur les quais et les clients qui veulent une réponse avant d'avoir fini leur phrase, chaque sonnerie finit par taper directement sur les épaules avant même d'avoir décroché. Pendant longtemps, j'ai cru qu'il suffisait de consigner le problème pour s'en délester. Ce n'était pas le cas.

Le carnet des soucis professionnels, une fausse piste pour la gestion du stress

À une période, j'avais pris l'habitude de noter chaque appel difficile dans un carnet à spirale : le nom du transporteur, le problème exact, ce que j'aurais dû répondre plus calmement. L'intention était bonne, celle de vider la tête en couchant les choses sur le papier. Mais le carnet ne vidait rien du tout. Il empilait. Relire le soir ce qui s'était mal passé dans la journée prolongeait la tension au lieu de la refermer, et je me retrouvais à ressasser un litige réglé depuis longtemps simplement parce que je l'avais remis sous les yeux.

Ce n'est pas la même chose que la répétition mentale utilisée avant une réunion difficile, qui rejoue une scène par anticipation pour mieux l'aborder : le carnet, lui, rejouait une scène déjà terminée, ce qui n'aide personne à avancer. La tension, de son côté, ne partait jamais du bon endroit. Elle restait logée dans les épaules et la base du cou, bien après que l'appel avait pris fin, exactement l'inverse de ce qu'une vraie coupure avec la tête au travail est censée produire.

Bureau de planificateur de fret avec téléphone et tasse de café froid, scène de micro-pause avant un nouvel appel

Et si la différence tenait au moment choisi plutôt qu'à la méthode ?

Une pause guidée de quelques instants, les yeux fermés, ne fonctionne pas comme un carnet parce qu'elle n'attend rien de la mémoire. Elle s'adresse au corps pendant qu'il est encore tendu, pas une fois que l'esprit a eu le temps de rejouer la scène. On parle parfois d'un léger état hypnotique pour décrire ce moment, sans qu'il soit vraiment utile d'entrer dans le détail de ce qui se passe précisément dans la tête ; ce qui compte, pour moi, c'est que la respiration ralentit et que l'appel suivant arrive sur un terrain moins encombré. Le principe n'est pas très différent, dans l'esprit, de l'auto-hypnose que certains pratiquent seuls sans audio : il s'agit d'ancrer la pause dans une routine plutôt que de la sortir uniquement quand la pression devient trop forte.

Axelle, une amie sage-femme qui m'a mis sur cette piste il y a longtemps, me rappelle régulièrement que le corps régule à sa façon, sans qu'on lui demande d'accélérer ; c'est une des rares phrases que je garde vraiment en tête quand une pause ne produit pas l'effet attendu tout de suite. Le format exact de la séance — audio, application ou vidéo — compte d'ailleurs moins que le moment choisi dans la journée ; ça reste un choix de méthode personnel, et je n'ai pas vocation à trancher ce point pour quelqu'un d'autre. Certains préfèrent une séance du matin pour poser le ton de la journée, d'autres une séance du soir tournée vers l'endormissement ; ici, il s'agit d'un usage différent, glissé au milieu de la journée entre deux dossiers, ni une ouverture ni une fermeture de journée.

La pratique régulière reste plus utile qu'une séance isolée, même si elle n'est jamais parfaitement linéaire chez moi : il arrive qu'une période entière s'arrête sans raison claire, et Comment reprendre l'hypnose après avoir arrêté pendant plusieurs semaines devient alors une lecture que je rouvre volontiers. Ce que je décris ici reste de l'ordre du quotidien de bureau, pas d'une neuro-libération émotionnelle ni d'un apaisement de crise au sens propre, et je ne prétends pas remplacer un accompagnement sérieux quand l'anxiété dépasse ce cadre. C'est d'ailleurs en creusant ces nuances que pourquoi le métier de relaxologue m'attire après des mois de pratique a fini par devenir une question que je prends au sérieux — jusqu'à me demander ce qu'impliquerait concrètement une formation à distance plutôt qu'en présentiel — même si je reste pour l'instant du côté des plannings de fret plutôt que de celui qui accompagne.

La bulle pendant l'appel, le refuge entre deux sonneries

Pendant un appel compliqué, la technique qui me sert le plus est celle de la bulle : une paroi imaginaire qui laisse passer les informations utiles — le numéro de quai, le poids de la palette — et qui filtre le ton agressif. Le bruit du bureau ne change pas, les collègues continuent leurs conversations, mais l'appel devient une suite de faits à traiter plutôt qu'une attaque personnelle. Entre deux appels, en revanche, je n'ai pas besoin de filtrer quoi que ce soit : je peux fermer les yeux et partir ailleurs un instant. Mon ailleurs, c'est la plage des Minimes, le sable et le vent qui revient toujours pareil, même par mauvais temps. Ce n'est pas la même opération mentale que la bulle : l'une filtre en direct ce qui arrive, l'autre ressemble à un vrai lâcher-prise pendant un instant volé, et les deux ne se remplacent pas.

Fabrice Jouanno, un routier longue distance qui m'écrit de temps en temps pour commenter ce que je publie, m'a fait remarquer un jour que le lieu refuge suppose qu'on puisse fermer les yeux en sécurité, ce qui n'est pas le cas quand on est au volant entre deux zones de repos. Depuis son message, je précise toujours la même chose : la version yeux fermés se réserve aux moments où on est réellement à l'arrêt, pas à un feu rouge ni en conduite, et sur la route, mieux vaut une version qui garde les yeux ouverts, plus proche d'une forme d'hypnose de concentration tournée vers la tâche en cours que d'un vrai moment de retrait.

Mains tenant un carnet de notes devant une fenêtre pluvieuse, pause de réflexion entre deux techniques de gestion du stress au bureau

Choisir l'outil selon l'instant, pas par habitude

Le choix de méthode, au fond, dépend surtout du moment où le besoin se présente, pas d'une préférence fixe. Pendant un appel tendu, la bulle. Entre deux sonneries, quand c'est possible, le lieu refuge ou simplement une respiration plus lente. Face à l'envie de tout noter dans un carnet pour s'en débarrasser, je me redirige maintenant vers une petite tâche concrète — ranger un dossier, vérifier un point précis — une forme de substitution de réflexe plutôt que d'écriture, qui ne fait que prolonger le problème. La tension qui reste logée dans les épaules, elle, continue de demander un travail à part, et c'est pour ça que je reviens régulièrement à des exercices pour soulager les tensions dans les épaules après une journée de bureau.

Récemment, j'ai fini un repas en entier sans poser une seule fois les yeux sur l'écran du téléphone posé à côté de l'assiette, et je ne suis même pas certain que ça m'était déjà arrivé depuis que je fais ce métier. Ce genre de moment ne prouve rien de façon définitive, mais il marque un changement que le carnet n'avait jamais réussi à produire malgré toute la bonne volonté investie dedans.

Le téléphone continuera de sonner de la même façon, et aucune technique ne fera disparaître cette partie du métier. Ce que je retiens de cette comparaison, c'est que le bon outil dépend de l'instant plutôt que de la préférence, et qu'un carnet de soucis professionnels, malgré les apparences studieuses, ne remplace pas une pause qui agit sur le corps pendant qu'il est encore tendu. Si le stress dépasse ce cadre de bureau et commence à empêcher de dormir ou à envahir le reste de la vie, un médecin ou un psychothérapeute reste la bonne adresse, pas un carnet ni une pause de quelques secondes.

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